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le midi blanc

  • À diffuser sans modération !

    N'hésitez pas à relier l'appel lancé par les amis de la Société de lecteurs de Maurice Barrès. Seule une mobilisation importante permettra de neutraliser une nouvelle offensive contre notre patrimoine intellectuel et historique, en l'occurrence celle du maire de Paris.

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    Chers amis,

    Nous en appelons à la mairie de Paris pour qu'elle revienne sur son annonce le 12 juillet de la débaptisation de la place Maurice-Barrès dans le 1er arrondissement de la capitale. L'historien François Broche a rédigé l'appel ci-joint auquel nous nous associons pleinement. Avec son accord, je fais appel à chacun de vous pour lui donner la plus large diffusion sur les réseaux ou auprès de vos relations.

    Bien cordialement,

    Dominique Decherf

    Société des lecteurs de Maurice Barrès

     

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    N'EN FAITES RIEN !

    Emmanuel Grégoire a décidé de rebaptiser la place Maurice Barrès située au croisement de la rue Saint-Honoré et de la rue Cambon .(Ier arrondissement), "place Lucie Dreyfus". L'épouse du capitaine Dreyfus, qui se battit sans relâche, avec un courage et une obstination exemplaires, mérite sans aucun doute d'être honorée, mais il serait profondément injuste de rayer de la carte des artères parisiennes l'un des plus grands écrivains de la littérature française.

    N'en faites rien, Monsieur le Maire !.

    L'argumentaire est sans appel : l'auteur des Déracinés est qualifié d' "un des plus féroces détracteurs d'Alfred Dreyfus dans des écrits empreints de haine antisémite". De toute évidence, ce jugement est empreint à la fois d'ignorance et de sectarisme.

    Bien sûr, il n'est nullement question d'absoudre Barrès de la phrase malheureuse publiée dans Le Journal : « Que Dreyfus est capable de trahir, je le conclus de sa race. »

    Mais il est inacceptable de réduire celui en qui Léon Blum voyait un "maître", un "modèle", un "conducteur" à ce propos condamnable, qui n'est qu'un accident dans une oeuvre diverse et puissante, ayant irrigué le XXe siècle littéraire et continuant d'inspirer le siècle suivant (trois imposantes biographies en deux ans !).

    Il serait inacceptable de passer sous silence la compassion et les doutes exprimés lors du second procès de Dreyfus : "une petite boule de chair vivante disputée entre deux camps de joueurs et qui depuis six ans n'a pas eu une minute de repos" (Ce que j'ai vu à Rennes, 1904).

    Il serait inacceptable d'oublier que Barrès s'est publiquement réjoui de la réhabilitation du prisonnier de l'île du Diable.

    Il serait inacceptable de faire l'impasse sur cet ouvrage majeur : Les Diverses familles spirituelles de la France (1917), qui place les juifs parmi les cinq grandes familles spirituelles françaises.

    Si Barrès avait mérité une telle humiliation posthume, croit-on que Charles de Gaulle et François Mitterrand s'en seraient imprégnés aussi intensément ?

    François Broche, journaliste, historien, auteur de Barrès (JCLattès, 1987) et de Vie de Maurice Barrès (Bartillat, 2012)

  • Enfin libres !

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    Il fallait donc qu’on puisse pousser à la mort des humains bien constitués pour renouer avec les délices des sacrifices humains. Ce pauvre Macron en était réduit à annexer les Invalides et le Panthéon, on en a parlé ici, mais il avait le sentiment que tous ces morts n’étaient pas les siens. Là il pourra dire fièrement, en commentant la première euthanasie, puis la première dizaine d’euthanasiés, puis le premier millier : « ce sont mes cadavres, à moi. » Il avait loupé le coche avec les Gilets jaunes, ses pandores ont hésité à flinguer les croquants, le temps pressait, il a jeté Yaël Braun-Pivet et Sébastien Lecornu dans la bagarre, c’est le progrès ! les Français le réclament ! seringues pour tous !

    Et il n’y aura qu’un médecin pour valider le désespoir, la collégialité n’est pas fraternelle, et on empêchera les gens de proposer autre chose, et on forcera les Petites Sœurs des Pauvres à trucider dans leurs établissements, et on dira aux faibles d’esprit qu’ils ont le droit de mourir mais pas de signer les chèques, parce que signer un chèque c’est complexe alors que mourir c’est digne, oui mon gars, c’est de la dignité en piquouze que je t’offre, prends, y en aura pour tout le monde, c’est pas comme les soins palliatifs, ça coûte cher, tu voudrais pas ruiner le pays, toi aussi ?

    La mort vous rend libre, l’euthanasie est la même pour tous

    C’est une loi comme on en voit peu, avec des amendements de bon sens, de prudence et de charité systématiquement rejetés par ivresse macabre, parce qu’on ne veut pas se priver du spectacle des vieux heureux, et des malades heureux et de tous ces gens si heureux de mourir après avoir signé le formulaire ; ou peut-être pas si heureux mais en tout cas fiers d’être responsables ; ou peut-être pas fiers mais résignés, qui sait, on ne sait pas ce qui se passe dans la tête des gens pauvres, des gens fatigués, des gens seuls, des gens qui ne trouvent pas de médecins, des gens à qui on a dit qu’être inutile était indigne, et que leur dignité réside peut-être, sans doute, sûrement, dans ce dernier acte d’utilité sociale – allez, d’efficacité sociale – qui consiste à disparaître pour ne pas être une charge.

    C’est d’ailleurs de cette manière que tous les eugénistes ont raisonné, et tous les utopistes, et les nazis n’étaient pas les premiers et, visiblement, ils n’étaient pas les derniers non plus : pas de bouches inutiles, pas de corps qui coûtent plus qu’ils ne rapportent, pas d’esprits faibles qui ne savent pas prendre le rythme de la foule pressée. Pas de minus habens. L’État exige des citoyens sains dans des corps sains, des citoyens responsables qui savent prendre librement la décision qui les libère du fardeau d’une vie indigne – et libère donc leurs frères du fardeau qu’ils sont devenus.

    Voilà le nouvel évangile républicain : la mort vous rend libre, l’euthanasie est la même pour tous, la mort vous garantit l’estime de vos frères. Ne vous arrêtez pas à ce honteux détail qu’est l’absence de soins organisée, qui vous a forcé à choisir la mort parce qu’on ne vous offrait pas la vie, vous êtes libres, la loi le dit ! Cette même loi qui organise une mort égalitaire sur tout le territoire et qui veillera à ce que tous aient accès à la seringue, à la moindre demande.

    Article précédemment paru dans 

    Politique magazine.

  • Une soirée d'exception - Réservez votre place... si ce n'est déjà fait !

    À l'issue de la messe à la mémoire de Louis XVI et des martyrs de la Révolution, qui sera célébrée le 21 janvier prochain à 18 h en l'église Saint-Jacques à Béziers, nous nous retrouverons pour un dîner amical. Ce sera l'occasion d'écouter notre ami Paul-Marie Couteaux.

    Titulaire d'une maîtrise en droit public et d'un DEA en relations internationales, Paul-Marie Coûteaux est également ancien élève de l’ENA, promotion Henri François d'Aguesseau.

    Diplomate de formation il a exercé des fonctions de conseiller auprès de divers ministres, Michel Jobert, Philippe de Saint-Robert, Jean-Pierre Chevènement, Boutros Boutros Ghali et Philippe Seguin à l’Assemblée nationale.

    Il a, pendant plusieurs années, dirigé l'émission Le Libre Journal à Radio Courtoisie.

    Sa carrière politique l’a amené à exercer les fonctions de député européen de 1999 à 2009.

    Il intervient régulièrement à TV Libertés dans son émission Les Entretiens de Paul-Marie Coûteaux et dirige la revue Le Nouveau Conservateur.

    C’est dire que notre conférencier est en mesure de nous en apprendre sur le monde politique qu’il connait bien !

    Une brillante et instructive conférence nous attend.

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    Le dîner se tiendra dans un restaurant du plein centre de Béziers

    Menu à 20 € par personne

    Entrée
    Œuf parfait et velouté de marron
    ou
    Carpaccio de saumon à l’asiatique
    Plat
    Filet de canette rôti aux trompettes de la mort, accompagnement du jour
    ou
    Duo de gambas et bar au beurre blanc, accompagnement du jour
    Dessert
    Baba au rhum
    ou
    Royal chocolat maison

    Le lieu sera communiqué dès l'inscription à effectuer sur :

    lemidiblanc@gmail.com

    OU : 06 10 97 56 01

    OU par chèque : Domaine de la Dragonne, route de Sauvian - 34500 Béziers

    OU par virement :

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    Il n'est toutefois pas interdit d'ajouter une participation à votre règlement pour contribuer aux frais annexes d'organisation !

  • Messe à la mémoire du roi Louis XVI et des martyrs de la Révolution

    L'hommage rendu tous les ans le 21 janvier au Roi Louis XVI et aux martyrs Révolution est un devoir que tout Français, fier de son histoire et conscient des dangers qui avancent, doit mettre à son agenda. Soyez nombreux et diffusez ce rendez-vous. 

    Merci au Chanoine Le Brethon qui célèbre cet office depuis plusieurs années.

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  • Du Pape

     

     

     

    Du Pape

    Par Hilaire de Crémiers

    Le pape François est décédé. L’heure est maintenant à son successeur. Quand paraîtront ces lignes, il ne sera pas encore élu, mais sur le point de l’être par le collège des cardinaux – naguère appelé Sacré-Collège –, réuni en conclave, du moins ceux qui sont habilités sous conditions d’âge – moins de 80 ans –, et bien sûr en état, soit un peu plus de 130. Sa désignation publique comme pape suivra son acceptation selon les formules précises que les textes en vigueur – les dernières constitutions et les motu proprio sur le sujet – maintiennent dans l’ordre requis.

     Après les émotions des funérailles, l’Église, pour quelques jours, vit dans l’attente d’un nouveau pontificat. Il commencera sous peu. Ainsi passe le monde, les hommes aussi, quel que soit leur statut ; c’est la vraie leçon d’humilité dont les farauds de la politique politicienne, mais aussi bien ecclésiastique, feraient bien de s’inspirer. L’Église est sans doute l’institution qui en exprime le mieux l’enseignement et l’impérissable moralité.

    Cette institution dont il était affirmé, à tort et à travers, dans le monde et, bien sûr dans la presse et les médias avec une abondante dialectique, mais aussi bien dans son sein chez tous les progressistes, qu’il fallait la changer, la diminuer, la réduire, la ramener à la condition politique ordinaire et, donc, démocratique, l’aménager au goût du jour, continue sur sa lancée séculaire. Malgré toutes les oppositions et objections extérieures et, pire, malgré les prétentions internes d’en subvertir les fondements !

    Et c’est cette permanence, au-delà des soubresauts du moment, qui constitue sa marque essentielle, son attribut constitutif et, en conséquence, son attrait immortel – la foule et les fidèles sont toujours là – et ce charme indéfinissable qui rallie – en dépit des critiques – les intelligences et les cœurs. La foi catholique transcende les siècles. Rome reste à jamais la Ville éternelle.

    Tu regere imperio populos, Romane, memento, Haec tibi erunt artes…

    Le poète de Rome est prophète, tous les siècles l’ont su, comme la Sibylle qui trône au plafond de la Sixtine.

    Voilà plus de neuf siècles que l’élection pontificale est réservée aux seuls cardinaux qui, eux-mêmes, prennent la suite d’une représentation urbaine et ecclésiastique – moins bien définie – de Rome. Car Rome, la Ville, choisissait son évêque selon la pratique de l’époque et, statutairement, dès les temps du premier christianisme et dès le IIe et IIIe siècle, de façon attestée, l’évêque de Rome était le successeur de Pierre. Peu à peu, la charge se définit comme celle qui présidait à l’ensemble des églises et ce, en tant que le titulaire était le chef de l’Église romaine, avec tous les titres afférents qui se précisèrent au cours des temps de pontife suprême ou souverain pontife, de patriarche des Latins et, en même temps, de détenteur de la juridiction universelle qui le constituait de fait et de droit, au-dessus de tous les fidèles, chef de l’ensemble des successeurs du collège apostolique, soit les évêques, doté d’une primauté non seulement d’honneur, mais effective, magistérielle, juridique, gouvernementale, disciplinaire, pastorale.

    Le pape de Rome est libre : l’Église romaine ne saurait être soumise à un diktat politique

    Ce n’est pas le lieu ici de retracer cette histoire et comment la fonction pétrinienne – en tant que telle – réussit à s’imposer, au milieu des fracas du monde, à toutes les puissances de quelque ordre qu’elles fussent, empires et royaumes, avec des hauts et des bas, des questions litigieuses sur les deux glaives, spirituel et temporel ; sauf à délibérément se couper d’elle, non sans risque majeur et d’abord pour la liberté spirituelle. Constitutivement, le pape de Rome est libre : l’Église romaine ne saurait être soumise à un diktat politique. Inutile de donner ici des précisions sur les autres églises. Chez nous, la Révolution française, Napoléon, la République anticléricale, malgré leurs prétentions, s’y sont cassées les dents.

    Il s’agit bien de l’Église romaine qui, en raison du siège de Pierre, est la mère et maîtresse de toutes les églises. C’est un point doctrinal d’une importance capitale. L’Église ne relève pas du n’importe quoi démocratique ou libéral ou socialiste, des opinions et des idéologies. Le pape n’est pas un aventurier de passage qui prend le pouvoir, même si l’Église romaine a connu des périodes troubles, voire épouvantables, avec Grand Schisme, antipapes, plusieurs papes et des rivalités sans nom. Toute cette misérable histoire – trop humaine – est connue. Il n’en sort pas un argument à faire valoir contre la primauté romaine. Au contraire : l’ordre romain l’a toujours finalement emporté. Les cardinaux – ils doivent s’en souvenir ! – ne sont électeurs qu’en fonction de leur titre romain, fussent-ils pour leur origine personnelle du bout du monde. Ils en ont tous un, épiscopal, presbytéral ou diaconal, selon le nom du diocèse suburbicaire, de la paroisse ou de la diaconie romaines au nom duquels ils ont été élevés à la dignité cardinalice. Il est vrai que, depuis 1965, les patriarches orientaux peuvent être nommés eux aussi cardinaux.

    En tant que collège, ils sont représentatifs de l’Église de Rome comme une sorte de sénat attaché au Saint-Siège et à son œuvre. Tel est leur rôle premier et leur légitimité fondamentale. La pourpre dont ils sont revêtus témoigne de leur engagement jusqu’au sang. C’est pourquoi l’élection du souverain pontife leur est confiée ; ils choisissent le successeur de Pierre qui, précisément en tant que successeur de Pierre, reçoit, lui, le pouvoir des clés, c’est-à-dire toute son autorité pontificale et toute sa puissance de décision, de Jésus-Christ lui-même, et de Jésus-Christ seul, et non de ses électeurs, précision utile à apporter : le pape n’est pas chargé d’exécuter un programme politique ou clérical ; il n’y a pas de mandat électif et encore moins impératif. Les agissements de François ont pu faire croire le contraire, comme il est arrivé plusieurs fois dans l’histoire. Mais il n’en est rien. Les congrégations préparatoires comme les discussions internes aux conclaves peuvent ressembler à des sortes de conventions, elles ne forment aucunement une norme ou une procédure contraignante. Malgré quelques fois les apparences.

    Le chef de l’Église est Jésus-Christ

    Le chef de l’Église est Jésus-Christ, certes aujourd’hui invisible de par sa volonté, en attendant son retour dans la gloire. Il n’est soumis dans sa souveraineté à aucun chantage, ni démocratique, ni oligarchique, ni monarchique, même si dans la lourdeur du monde de pareils incidents se sont produits, avec même reconnaissance juridique, dans la Rome du XIVe et du XVe siècle par exemple, et encore au début du XXe siècle par l’intervention – juridiquement admise – de l’empereur d’Autriche. Ces particularités, qui furent de droit et qui pouvaient d’ailleurs se comprendre, sont aujourd’hui toutes abolies. Le pape est souverainement libre, en doctrine du moins, comme son maître et comme à l’école de son maître. Il est le chef de l’Église romaine et pour cette raison, quant à lui, chef visible, donc passager, de l’Église universelle avec juridiction complète et immédiate. Mais en tant que tel, vicaire du Christ : ce mot de vicaire est important, en dépit de François, qui a fait supprimer cette titulature de l’annuaire pontifical, ce qui est un non-sens.

    Répétons-le : le Christ est, Lui, le chef invisible, donc immortel, permanent, au-delà des papes qui passent et qui ne sont là que pour le servir, Lui, et le représenter. Non pour eux, ni pour leur projet, quel qu’il soit. Telle est la doctrine, sans doute quelquefois bien théorique, mais c’est celle qui a guidé un saint Pie X ou encore récemment un Benoît XVI, incontestablement et saintement.

    C’est, bien sûr, ce qu’il faut espérer dans les jours qui viennent. Qui sait ? Et même si ce n’était pas tout à fait le cas – l’histoire de la papauté est remplie de bonnes mais aussi de mauvaises surprises, faut-il le rappeler – la doctrine, elle, resterait sauve. Et s’il est permis de le dire, c’est le point le plus important.

    Le pape n’est pas un chef de secte

    Donc, en dépit des bouleversements proclamés, annoncés, souhaités, voire même en partie réalisés, en particulier à l’occasion des synodes sur la synodalité dont les instruments de travail sont en eux-mêmes, par leur prétention et leur procédure des outrages à la foi et à la morale, l’ordre peut revenir dans l’Église par l’obéissance du pape à sa seule fonction. C’est une force, même si l’assaut continue, même si l’homme est inférieur à sa charge ; tout peut repartir pour la plus grande gloire de Dieu et du Siège apostolique. Au cours des jours qui viennent, après l’apparition de la fumée blanche au-dessus de la chapelle Sixtine, retentira, comme il y a douze ans, comme il y a vingt ans, comme il y a quarante-sept ans, comme depuis des siècles, du même balcon de la basilique Saint-Pierre, la même formule : « Annuntio vobis gaudium magnum : habemus papam ». Et le cardinal protodiacre commencera la litanie attendue : « Eminentissimum, ac reverendissimum dominum, le prénom de l’élu sera alors donné, Sanctae Romanae Ecclesiae cardinalem, le nom de famille sera alors délivré, qui sibi nomen imposuit : et le nom sous lequel il choisira de régner sera proclamé. »

    Le rituel se poursuivra, chaque pape y ajoutant sa note personnelle. L’avantage du rituel, c’est qu’il garantit la régularité et la sacralité de la désignation selon les normes en vigueur. Pas de risque de contestation, sauf à raconter des histoires. Le pape n’est pas désigné par le Saint-Esprit, malgré une croyance trop répandue chez le peuple fidèle, souvent par abus clérical. Il est choisi selon des règles précises par les cardinaux qui peuvent demander l’aide de l’Esprit Saint pour faire le bon choix. En revanche, une fois désigné sur le siège de Pierre, l’Esprit Saint garantit à l’élu toute la grâce nécessaire et suffisante pour le bon exercice de sa charge. À lui de l’accepter et de la recevoir. Et parmi ces grâces, celle toute singulière de l’infaillibilité dans les cas déterminés par la définition même du dogme. Le pape n’est pas un chef de secte, un gourou ou un prophète charismatique qui se verrait d’un seul coup et du simple fait de sa nomination revêtu d’impeccabilité et d’infaillibilité. Il n’est pas chargé de refonder l’Église, fondée une fois pour toutes, ou de faire croire ou espérer, sous prétexte d’on ne sait quelle charité ou quelle ouverture à l’autre et au monde, un changement dans la doctrine, dans les dogmes, dans l’exposé de la foi et dans les règles de la discipline morale. Les changements ne peuvent affecter que les questions secondaires qui peuvent d’ailleurs revêtir une certaine importance, jamais l’essentiel.

    François a voulu marquer son temps

    La grande erreur de François – qui se paie aujourd’hui quoi qu’on dise – c’est d’avoir laissé entendre qu’avec lui tout serait nouveau. À l’encontre même de son premier discours aux cardinaux où il invoquait Léon Bloy. Non seulement les manières et le logement, mais tout le reste qui va avec, la compagnie, le comportement dans une Sainte-Marthe accommodée à de tels besoins, mais bientôt la doctrine elle-même, dans ses grandes lignes, en des textes aberrants dont certains cosignés d’autorités d’autres religions, même si les petits discours spirituels restaient classiquement justes et pieux. Jusqu’à ces synodes qui remettaient aux voix de conventions, de tables rondes, d’assemblées, les dogmes – car les dogmes étaient concernés –, la morale et la discipline catholiques ! En soi, c’était totalement absurde, voire ridicule ; et le pape ne répondait même pas aux dubia des rares cardinaux qui osaient s’opposer à de tels procédés. Sauf qu’il a rencontré l’obstacle d’une grande partie de l’Église universelle dans sa volonté de faire bénir les unions homosexuelles, autant dire les reconnaître. Quand même !

    Soit, pour la simplicité, mais il en est d’ostentatoire et qui affiche une réprobation des prédécesseurs. Ne pas aimer la musique et les œuvres d’art, fort bien, mais il n’y a aucune raison de jeter le discrédit sur ceux qui en ont la considération. D’ailleurs, les obsèques pontificales n’ont pas manqué de pompes. Il a reçu les hommages, tant de la ville que du monde, urbis et orbis.

    François a voulu marquer son temps, c’est incontestable. Tous ses propos personnels doivent se comprendre dans ce sens, en particulier ses confessions, réservées aux journalistes choisis à dessein en dehors de la sphère catholique, et encore dernièrement à deux reprises successives au cours de la dernière année. Comme si ça ne suffisait pas, c’est au moins cinq livres personnels sur lui-même où il prétend s’expliquer avec sincérité. Benoît XVI en a publié autant sur Jésus-Christ, l’évangile de l’enfance, la vie publique, la passion et la résurrection.

    Avec François, les périphéries devenaient le centre

    François faisait de ses choix politiques, nombreux depuis toujours et parfois étrangement contradictoires, des motifs doctrinaux, moraux et pastoraux. Les périphéries devenaient le centre, la chrétienté ne l’intéressait pas et il préférait au fidèle, celui qui est là, le migrant qui n’est pas là et qu’il engage avec autorité à sortir des normes au risque de sa vie. Il est des charités qu’il faut savoir exercer en fonction des circonstances et sous peine de malheur.

    Ses amitiés avaient le même caractère ambigu. Inutile de donner des noms. Certaines étaient même sulfureuses. Pourquoi avoir placé à la Congrégation de la Doctrine de la Foi, comme gardien de la foi et des mœurs, son ami argentin qu’il a fait cardinal, Victor Manuel Fernandez ? L’homme est connu pour ses livres provocateurs, licencieux, immoraux et pour sa théologie dite du peuple, à la limite du socialo-marxisme, dont François s’est souvent inspiré et qui justifie, comme toujours quand on invoque le peuple comme source de toute légitimité, les pires prévarications de ceux qui se couvrent d’une telle autorité, dont il reste à valider les fondements juridiques. Sorte de super-révélation permanente qui n’a, en l’occurrence, rien de théologique, qui n’est pas à confondre non plus avec la piété populaire, ni avec le sensus fidei du peuple fidèle. Il faudra bien un jour sortir de tant de confusions. Quand ? Comment ? Dieu seul le sait. Ce qui est sûr, c’est qu’un prochain pape devra s’y atteler avec intelligence. L’important est de revenir à l’essentiel du pouvoir pontifical, dans ses principes et dans ses règles. Il n’a jamais été bon pour l’Église de s’en émanciper.

    « Tu es Pierre et sur cette pierre je bâtirai mon Église. » C’est un fondement. « Toi, quand tu reviendras, raffermis tes frères. » Ce fondement, c’est la foi. Il n’y a pas à chercher ailleurs de solutions miracles. La foi est le lien de la charité et les prémices de l’espérance. Vertus théologales et non pas sociopolitiques. Le pape est d’abord le gardien de la foi. A lui, comme à ses frères dans l’épiscopat, mais à lui en premier est confié ce qui est appelé à juste titre le dépôt de la foi.

    C’est dans la réponse de foi que se trouve l’infaillibilité de l’Église

    C’est un donné objectif et non pas un sentiment évolutif, même si le progrès dogmatique vise à mieux préciser les contours de la foi. Notre religion, la religion catholique, est une religion révélée. Non pas au sens de l’islam où c’est le livre qui aurait été donné par Allah tel quel. Non, la révélation divine dans le catholicisme est une alliance. Religion de l’alliance et non du livre. Et cette alliance s’est concrétisée par l’incarnation du Verbe de Dieu, Fils de Dieu, Dieu lui-même, et par la rédemption opérée par son sacrifice. Les articles de la foi résument cette œuvre divine qui apporte à l’humanité le salut, le seul vrai salut ; d’où l’importance des formules dogmatiques, celles notamment des premiers conciles christologiques, en particulier du IVe et Ve siècle, et que nous récitons avec le symbole dit de Nicée-Constantinople. Il est bien que l’Église soit enfin revenue au consubstantiel originel.

    Tout au cours de l’histoire de l’Église, la réponse dogmatique a fait pièce à l’erreur, à la déviance, à l’hérésie, et a permis la précision et l’approfondissement de l’intelligence de la foi. Opportet hereses esse. C’est là, dans la réponse de foi, que se trouve l’infaillibilité de l’Église et pas ailleurs, ce qui explique les définitions dogmatiques et, singulièrement, celle de l’infaillibilité pontificale en 1870. Ce n’est pas du n’importe quoi. La religion n’est pas à la disposition du pape. C’est le contraire. Le pape est plus qu’aucun autre tenu par la foi qui est la vérité de Dieu et qui doit seule compter pour lui. Jésus-Christ se définit comme la vérité et aussi comme le chemin qui mène à la vérité qui donne la vie.

    L’amour ne se conçoit que dans la vérité. Encore faut-il que le pontife romain exerce véritablement sa charge. « Le pontife romain, lorsqu’il parle ex cathedra, c’est-à-dire lorsque, remplissant sa charge de pasteur et de docteur de tous les chrétiens, il définit en vertu de sa suprême autorité apostolique qu’une doctrine sur la foi ou les mœurs doit être tenue par toute l’Église, jouit par l’assistance divine à lui promise en la personne de saint Pierre, de cette infaillibilité dont le divin rédempteur a voulu que fût pourvue son Église lorsqu’elle définit la doctrine sur la foi et les mœurs. Par conséquent, ces définitions du pontife romain sont irréformables par elles-mêmes et non en vertu du consentement de l’Église. »

    Il ne saurait y avoir de démocratie dans l’Église

    Tous les mots sont importants ; c’est lumineux et le latin en est d’une précision admirable. Il ne saurait y avoir de démocratie dans l’Église, des libertés en quantité, oui, qui se fondent toutes sur le socle de la foi. La liberté des enfants de Dieu ne peut se retrouver dans la prévarication de la foi et dans la dépravation des mœurs. Ni les croyances, ni ce qu’on appelle l’œcuménisme, ni le mariage ne peuvent admettre de compromission avec l’esprit du monde. Toute la question aujourd’hui est là. Au pape de définir comme il l’a fait dans le passé, non seulement avec le dogme de l’Immaculée Conception sous Pie IX et de l’Assomption de Marie sous Pie XII, mais encore, d’une manière générale, quand il rappelait la doctrine catholique à tous les fidèles de l’Église. Là, aujourd’hui, c’est sur l’essentiel de la doctrine qu’il convient en effet de revenir avec force, même si le magistère ordinaire en principe suffit. Il est indispensable d’éclairer la situation. Il faut arrêter ce qu’il faut bien appeler les baratins politiciens et revenir à des textes doctrinaux. Benoît XVI en avait parfaitement conscience.

    Le paradoxe qu’il faut résoudre de nos jours tient dans les deux constatations suivantes et qui sont contradictoires. D’une part, ceux qui dénient au pape le droit de rappeler le dogme de la foi sont en revanche les premiers, depuis plus d’un siècle, à exagérer son pouvoir et invoquer une sorte d’infaillibilité charismatique, quand, loin d’exercer sa charge, il se met, malheureusement ce fut le cas à plusieurs reprises, à prodiguer des consignes politiques d’ouverture au monde, d’acceptation d’évolutions qualifiées de nécessaires, de ralliement aux pouvoirs en place sous prétexte d’obéissance, et par exemple à la république, et aux idéologies à la mode sous prétexte de compréhension, d’adaptation à la société nouvelle, etc. D’autre part, ceux qui respectent l’autorité ecclésiastique quand elle reste dans les justes limites de sa charge et qui insistent sur la vérité de la foi dont cette autorité a la garde, en s’appuyant sur l’infaillibilité telle qu’elle a été définie, se refusent au contraire à suivre des consignes qui font le lit d’un progressisme dévoyé et d’un modernisme impie. L’heure viendra, vient peut-être enfin de trancher entre les deux visions qui maintenant divisent l’Église. Autrement dit l’œuvre d’un grand pape.

    Cet article est tiré du mensuel Politique magazine dont nous ne saurions trop vous recommander la lecture. Hors des lieux communs et des classiques commentaires, souvent médiocres, de la politique française et internationale, les analyses auxquelles il se livre apportent un éclairage des meilleurs spécialistes des questions abordées. Voir le site ICI

  • Rappel : Messe à l'intention du roi Louis XVI

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    La messe en hommage au roi Louis XVI

    et aux victimes de la Révolution

    sera célébrée

    en l'église Saint-Jacques de Béziers

    le mardi 21 janvier 2025 à 19 h

     

    Merci de diffuser autour de vous

  • Thierry Maulnier : message de fidélité aux idéaux inchangés de sa jeunesse maurrassienne [1971]

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    "Tout ce qui a divisé, divise et divisera les Français, me­nace de dissolution la subs­tance nationale elle-même si la permanence, la volonté de permanence de la nation n’est pas maintenue et, si j’ose dire, infatigablement restau­rée par les efforts des hom­mes et par les institutions dont la raison d’être est de suppléer aux insuffisances et aux relâchements de ces ef­forts. 

    Il est bon que se retrou­vent et se reconnaissent, comme vous le faites aujour­d’hui à Montmajour, ceux qui, dans ce pays, sans doute plus nombreux qu’on ne le pense, persistent à aimer la France et à ne pas désespérer d’elle. » Thierry MAULNIER"

     

    Message dont tous les termes sont pesés, adressé au président de l’Union Royaliste Provençale en juin 1971 à l’occasion du rassemblement de Montmajour. Tiré du site Je suis Français.

    Thierry Maulnier, écrivain français, éditorialiste, notamment au Figaro, est né le 1er octobre 1909 et mort le 8 janvier 1988. Critique attaché au langage classique et opposé au théâtre engagé comme à la littérature existentialiste, c'est aussi un auteur dramatique. Proche des Hussards, il est élu en 1964 à l'Académie française.